COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE AU CAMEROUN

COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE AU CAMEROUN : OU EN SOMMES-NOUS ?

L’an deux mille quinze et le quatorze au quinze du mois d’octobre à 09h00mn, s’est tenu dans la salle de conférence  de l’Hôtel le Paradis de Yaoundé, l’atelier  portant  sur la : « Formation des membres de la société civile sur la couverture sanitaire universelle (CSU) : progresser vers l’universalité dans l’accès équitable aux soins de santé et restitution des résultats de recherche sur la CSU selon le modèle de l’organisation apprenante » dont L’objectif général est d’étendre les connaissances des participants sur ce concept. Cette rencontre a connu la participation du  FOCAP qui se propose ici de relayer les points saillants de cet atélier.
Ce séminaire de renforcement des capacités qui est le  premier du genre s’adressait particulièrement aux membres de la société civile et a connu la présence des responsables du  Ministère de la Santé. Il convient de rappeler que la Couverture Santé Universelle vise à donner à tous un accès aux soins de santé de qualité, sans risque, sans obstacle financier. En effet, l’OMS a montré qu’en 2013, 150 millions des personnes sont dans une situation financière désastreuse due à l’absence de la CSU. En Afrique et Asie du Sud-est, des études ont révélé qu’un tiers des ménages doivent s’endetter pour couvrir des soins de santé. Il est primordial d’agir, car c’est une urgence qui incombe à tous les pays.
Le rôle de la société civile  dans cette démarche est d’encourager les partenaires et les gouvernements à prendre part aux stratégies de mise en place de la CSU ; de participer au débat  afin de faire pression pour l’avancement du processus de CSU ; d’engager les débats politiques en utilisant les structures de dialogue, les médias, les plaidoyers comme levier. A ce sujet plusieurs stratégies peuvent être préconisées : il est question par exemple de :
-    s’appuyer davantage sur le financement public et privé, des taxes  (billets d’avions, taxe sur l’alcool, impôts, etc.) comme l’ont fait des pays tels que le Gabon, le Togo et le Rwanda;
-    réduire, voire éliminer les dépenses directes enfin de développer des systèmes de santé fiables où tout le monde trouvera son compte.
Au Cameroun les diverses tentatives pour mettre en place une CSU ont tous connus des échecs.
-    Déjà en 2003, les Mutuelles de Santé se sont ainsi multipliées à grande vitesse. Par exemple, l’UNICEF et la GTZ ont lancé les premières mutuelles de santé en 2003-2004. Les Fonds PPTE du Ministère de la santé, la Coopération Française au Développement (AFD), la Coopération Belge, l’Union Européenne, ainsi que d’autres organismes de coopération et des ONGs ont par la suite appuyé la mise en place d’autres mutuelles de santé dans plusieurs districts de santé du pays.
-    Si le Plan Stratégique de Promotion et de Développement des Mutuelles de Santé adopté en février 2006 énonce clairement que la stratégie consiste à développer des mutuelles de santé dans les districts de santé, le schéma conceptuel du modèle de système, le rôle de l’Etat dans sa mise en place, n’a pas été clairement défini et mis en œuvre.
-    Le dernier recensement des mutuelles de santé organisé par le Bureau d’étude EPOS en 2010 a montré un accroissement important de ces structures au Cameroun au cours des sept années antérieures, passant de 37 en 2003 à 158 en 2010. Cependant, le rapport de ce recensement signale que la population couverte ne dépasse pas 2% et la tendance est à la baisse face à des mutuelles en voie de faillite.
On note clairement ici que la CSU ne devrait pas se faire sans l’implication de l’Etat, elle nécessite une démarche structurelle et bien repartie pour permettre à tout un chacun de jouer pleinement son rôle. L’implémentation de la CSU au Cameroun passera par la mise en place d’un dispositif institutionnel ; le développement des mutuelles de santé dans chaque district de santé, etc.  
En définitif, il revient donc à chaque pays de définir son propre modèle en tenant compte du contexte économique, politique et social dans lequel il se situe.

 

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