CONNAISSANCE ET PRATIQUE DU PLANNING FAMILIAL à YAOUNDE, Mars 2003

INTRODUCTION : Le champ de la planification familial au Cameroun présente plusieurs points essentiels qui apparaissant comme de véritables enjeux pour les acteurs des programmes de planification des naissances. A cet effet, plusieurs études signalent un dénivellement important entre le niveau de connaissance et de pratique contraceptive. Alors que le niveau actuel de connaissance se situe autour de 80% (EDS, 1998 ; UNICEF, 2001) ;

l’étude la plus récente réalisée au niveau national (MICS, 2001) laisse voir que la proportion des femmes en union utilisant une méthode contraceptive ne dépasse guère les 25% ; les méthodes les plus sollicitées étant l’abstinence périodique (11%) et l’aménorrhée lactationnelle (5%). C’est dire que les méthodes modernes de contraception n’atteignent pas toujours un seuil de prévalence de 5%. Pour toutes ces raisons, la présente étude qui se propose de faire le point sur l’état des connaissances et des comportements relatifs au planning familial parait suffisamment justifiée.

METHODOLOGIE : Il s’est agi d’une étude quantitative de type transversal, réalisée auprès des personnes des deux sexes, habitant la ville de Yaoundé et âgées entre 15 et 34 ans. Le qualitatif « Habitant de Yaoundé » s’est appliqué à tout sujet logeant dans cette ville depuis au moins 6 mois. Deux outils de collecte ont été utilisé pour la réalisation de cette étude à savoir : la fiche ménage et le questionnaire. Les données ont été saisies et analysées à l’aide des logiciels Epi Info et SPSS.

RESULTAT : L’échantillon était constitué de 2301 sujets repartis en 762 (33,1%) personnes de sexe masculin et 1539 (66,9%) de sexe féminin. S’agissant des connaissances relatives au PF, presque tous les sujets rencontrés (96,5%) ont déjà entendu parler ; les sources qui ont le plus contribué à cette information étant la radio (59,5%) et la télévision (53,7%). L’utilisation a concerné les sujets sexuellement actifs soit un ensemble de 1328 femmes et de 627 hommes. Chez ces derniers, 89,9% ont utilisé au moins une méthode moderne quelconque à un moment donné de leur vie, contre 81,7% pour au moins une méthode traditionnelle ; du coté des femmes on remarque que 83,4% ont fait recours à au moins une méthode moderne contre 89,9% pour une méthode traditionnelle. Au moment de la réalisation de l’étude, 67% des sujets étaient sous une couverture contraceptive quelconque soit 78% chez les hommes et 62% chez les femmes. Un ensemble d’idées reçues et propos stéréotypées ont cours autour du PF ; par exemple, les informations négatives les plus influentes par rapport à la pilule sont dans l’ordre suivant: la prise anormale de poids (47,2%), les risques de fertilité (26,4%). Pour le préservatif, l’éclatement du produit (59%), et les risques de blocage dans le vagin (18,3%). Quand on se penche sur les barrières se rapportant spécifiquement à ceux qui n’ont jamais recours à une méthode de contraception ( n=333), il apparait que l’absence de rapports sexuels (74%) constitue la principale raison expliquant leur position. Traitant de la fécondité et pratiques abortives, l’argument économique, la volonté personnelle et l’enfant comme don de Dieu sont les raisons principales pour lesquelles les enquêtés des deux sexes justifient le choix de la taille de la famille ; soit 58,7%, 22,1% et 6,9% respectivement. Un total de 438 femmes ont déjà connu des grossesses improductives ; lesquelles se sont soldées dans 55,5% des cas par des interruptions Volontaires de Grossesses.

CONCLUSION : il conviendra de développer une stratégie de marketing de masse suffisamment agressive, dans le but d’intéresser cette population. Dans des conditions normales, celle-ci se sentira forcément concernée.

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