EVALUATION DU PROGRAMME DE PLANNING FAMILIAL A YAOUNDE, Mai 2011

INTRODUCTION : Selon EDS 2004, pour l’ensemble des décès des femmes en âge de procréer (15-49 ans) les causes maternelles s’élevaient encore à 19% ; de même que les différents travaux de recherche (PMSC 2003 ; EDSC III, 2004), qui signalent un dénivellement important entre le niveau de connaissance et le niveau de pratique contraceptive. Ainsi, d’après toujours cette enquête, le niveau de connaissance serait d’environ 90% ;

alors que par exemple, la proportion des femmes en union utilisant une méthode contraceptive s’établi à 26%. A titre illustratif, l’étude de base pour le suivi et l’évaluation des pratiques de la planification Familiale (PF) au Cameroun (ACMS/FOCAP, 2008), montre que le niveau actuel de connaissance dans les groupes en âge de procréation à Yaoundé se situe autour de 99,7%, alors que la proportion des femmes utilisant au moment de l’enquête la pilule comme méthode de contraception se situe encore à 5,6%. D’où l’intérêt de cette étude vise à promouvoir la disponibilité de l’information sur la PF.

METHODOLOGIE : Il s’agit d’une étude d’évaluation ex-post prenant la forme d’une enquête ménage qui ambitionne donc d’établir une comparaison entre les niveaux d’indicateurs de l’étude de base et ceux obtenus au cours de l’intervention. Les principales cibles impliquées : les personnes des deux sexes donc la tranche d’âge se situe entre 15-24 ans et 25-49 ans. L’enquête s’est déroulée à Yaoundé et a couvert l’ensemble des 7 arrondissements constitutifs de cette localité. Les données ont été saisies et analysées à l’aide des logiciels SPSS et CSPRO.

RESULTATS : Les analyses portent sur un ensemble de 3541 personnes dont 1191 de sexe masculin et 2350 de sexe féminin. Les femmes interrogées ont en moyenne 20 ans à leur première maternité ; mais il faut remarquer qu’avant cette limite d’âge, ce sont déjà 42,8% d’entre elles qui ont connu leur première maternité. La moyenne du nombre d’enfants désiré est de 4 ; tandis que la moyenne du nombre actuel d’enfants est de 2. Rendant compte très nettement de la perspective en besoin de services de planification des naissances dans la continuité de la vie féconde des concernés. L’incidence des IVG a connu une ascension significative dans la population ; suivant les tranches d’âges, la proportion des femmes ayant effectué au moins une fois l’expérience est de 21,2% chez les 15-24 ans, de 24,4% chez les 35-49ans et 54,4% chez les 25-34 ans. S’agissant de connaissance et la pratique de la contraception chez les hommes, le condom masculin (99,6%) reste le plus connu suivi du condom féminin (98,1%). Les niveaux de connaissance sont plus modestes pour les méthodes de longue durée telle que le DIU/Stérilet (47,9%) et l’implant/jadelle (28,6%). Une telle régression s’observe aussi chez les femmes, concernant ces deux méthodes puisque leur connaissance passe de 67,8% à 65,2% pour le DIU/Stérilet ; et de 60,8% à 54,3% pour ce qui est de l’Implant/Jadelle. Par contre, le condom féminin et la pilule du lendemain s’illustrent comme des contraceptifs de plus en plus sollicitées ; avec 14,3% et 21,5% d’utilisation à un moment donné chez les deux sexes. L’utilisation actuelle concernant les méthodes de longue durée affiche des niveaux limites : soit 3,7% pour l’Implant/Jadelle et 2% pour DIU/Stérilet. En analysant les données sous l’angle de la connaissance des marques, il ressort que l’utilisation de la pilule semble souffrir d’un faible crédit auprès de la cible, et d’un déficit d’actions de promotion : entre 2008 et 2011 elle est passée de 5,6% à 3,5%. S’agissant du préservatif masculin, la marque prudence plus conserve sa place de leader sur le marché yaoundéen.

CONCLUSION : Il est impératif de continuer et d’intensifier les activités de promotion concernant les produits qui sont en perte de vitesse auprès de la cible.

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