EVALUATION FINALE DU PROJET SANTE URBAINE DE GAROUA Yaoundé, Décembre2011

INTRODUCTION : Le paludisme, VIH/SIDA et la planification familiale (PF) sont au Cameroun  des problèmes de santé ayant des conséquences sociales et sanitaires des plus graves. La région du Nord, zone soudano-sahélienne, est affectée par le paludisme de manière élective pendant la saison des pluies qi dure entre 2 et 3 mois avec une prévalence qui varie en saison sèche jusqu’à atteindre des pics de 20% et plus.

Même si la région du nord ne compte pas parmi les plus touchées par la pandémie du SIDA, (1,7% de prévalence vs 5,5% au niveau national) il convient de remarquer qu’en raison des aspects comportementaux, les risques d’accroissement de prévalence sont réels, si l’on tient compte des pesanteurs socioculturelles telles que l’analphabétisme, les réticences au port du préservatif, les rapports sociaux de sexe, les us et les coutumes, etc. La planification des naissances n’est pas en reste plusieurs travaux de recherche réalisés au Cameroun (PMSC 2003 ; EDSC, 2004), mettent en évidence le dénivellement entre le niveau de connaissance et le niveau de pratique contraceptive.  Ainsi selon l’EDSC III, le niveau de connaissance sur les méthodes de la  PF serait d’environ 90% alors que la proportion des femmes utilisant au moment de l’enquête la pilule comme moyen de contraception se situe encore à 5,6%. D’où l’importance de ce projet qui entend allier les trois priorités de santé ainsi présentés, dans le but de d’apporter les réponses adéquates aux besoins des populations.


METHODOLOGIE : Il s’agit d’une étude faisant appel  à des procédures quantitatives et qualitatives, réalisée auprès des femmes âgées entre 15-49 ans qui constituaient la cible principale,  des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans.  L’étude a couvert  09 aires de santé du district de Garoua I et II. Les données qualitatives ont été analysées suivant la procédure de l’analyse des contenus tandis que le logiciel EPI INFO et SPSS ont été a utilisé pour l’analyse et  des données quantitatives. Le questionnaire et le guide d’entretien ont servi d’outil de collecte.


RESULTAT : L’enquête a permis de toucher 632 femmes, dont 554 femmes en âge de procréer et 78 femmes enceintes. L’échantillon des enfants de moins de 05 ans a concerné 818 enfants avec 47,8% d’enfants de sexe masculin et 52,2% de sexe féminin. Enfin l’enquête ménage a concerné 86% d’hommes et 14% de femmes. Concernant la connaissance et l’appréciation du sujet, 41,5% des sujets ont déclaré avoir entendu parler du projet de santé urbaine ou être au courant de ses activités. Parmi eux, 33,5% pensent que les services offerts sont très importants et le nombre de sujets qui déclare avoir été exposé aux activités du projet est de 17,9%. S’agissant de la connaissance du paludisme et mode de prévention, On constate qu’elle a évolué par rapport à l’étude de base : 98,4% des sujets déclarent connaitre les manifestations du paludisme, contre 90,8% en 2009. La connaissance déclarée des moyens de prévention du paludisme est élevée dans l’échantillon : 92,4% des sujets, soit une augmentation de 7,8% par rapport à 2009. Mais la connaissance des méthodes de prévention apparait moins élevée. En effet, 69,7% des sujets citent la MI ; 67,7% la pulvérisation d’insecticides. Concernant  le vécu de la maternité, demande et offre de soins périnataux, 67,3% des femmes ayant accouché ont eu recours aux consultations post-natales. La demande en CPN est également en nette augmentation par rapport à 2009 (76,9% contre 67,7%).Traitant de la santé sexuelle et reproductive, on note que le niveau d’information sur la PF est quel que peu en régression par rapport à 2009. En effet, 88,4% affirment avoir entendu parler de la PF contre 94,92% en 2009. Par ailleurs, 56,3% des sujets manifestent une perception favorable de la contraception contre 46,3% en 2009. Ce qui traduit une évolution favorable des attitudes envers la contraception. De fait 21,7% des sujets enquêtés déclarent avoir recours à la contraception. La connaissance du VIH est très répandue dans l’échantillon (91,8% contre 88,39% en 2009).  Le mode de transmission le plus connu est les rapports sexuels (91,8% contre 82,27% en 2009). 69,9% des femmes enquêtés déclarent avoir effectué un test (contre 53,1% en 2009).


CONCLUSION : L’étude montre que le projet de santé urbaine de Garoua a été pertinent et a enregistré des résultats significatifs au bénéfice de la santé de la mère et de l’enfant suggérant que la réplication d’un tel projet pourrait avoir des bénéfices durables pour les populations cibles.

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